D'autres vies que la mienne.

Publié le par elea23

 

couv23006908.gif.jpgRésumé (4ème de couverture) : A quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin de deux évènements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire ?

C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tout deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour.

Tout y est vrai.

 

Pourquoi j'ai lu ce livre ? : J'avais déjà lu deux autres livres d'Emmanuel Carrère :" la classe de neige" et "l'adversaire" que j'avais beaucoup aimé, même si leurs sujets étaient particulièrement durs déjà... J'avais vu passer celui-là lors de sa sortie mais j'avais eu peur du sujet : la mort d'un enfant alors que j'étais mère depuis peu m'avait freiné. Depuis sa sortie en poche j'hésitais de nouveau, et lorsque Livraddict et Gallimard l'ont proposé en partenariat, j'ai sauté le pas.

 

Mon avis : Alors oui j'y ai retrouvé les raisons qui m'avaient fait hésité : un sujet particulièrement éprouvant, des passages bouleversants qui m'ont laissés en larmes, mais ça valait le coup !!! Quel livre magnifique !

Emmanuel Carrère nous parle de ces vies, celles que la mort de la petite Juliette (la petite fille morte dans le Tsunami) et celle de la grande Juliette (sa belle-soeur décédée d'un cancer) ont laissés derrière elles en disparaissant. Des vies de personnes "ordinaires" qui sont bouleversées par la mort, la maladie, et qui vont malgré tout surmonter cette peine pour continuer à avancer.Tout cela est raconté avec une grande pudeur, comme en retrait. Lors du tsunami, on sent l'auteur en observateur de ce cataclysme, comme détaché, il regarde (comme nous) ces gens dévastés, sa femme qui s'implique, aide, épaule Delphine et Jérôme, alors que lui s'en sent incapable.

La plus grande partie du livre, et celle qui m'a le plus marquée,  est consacrée à sa belle-soeur Juliette. Il va, suite à une demande d'un ami de Juliette, Etienne Rigal, interroger les personnes que Juliette a laissé pour qu'ils lui parlent d'elle, de ce qu'elle était, de sa vie. Une vie qu'elle dit elle-même avoir été : "une bonne vie". L'auteur va alors avoir plusieurs entretiens avec Etienne, l'autre juge avec qui Juliette travaillait sur les dossiers de surendettement, qui va lui parler de la vie professionnelle de Juliette et du combat qu'ils ont mené tous les deux contre les sociétés de crédit à la consommation. J'y ai découvert un univers de pauvreté, de précarité et de solitude, dans lequel Juliette et Etienne ont essayé de profiter de toutes les ressources du droit pour sortir ces personnes du surendettement.

Emmanuel Carrère va aussi parler avec les parents de Juliette, qui vont lui parler de l'enfance de leur fille, de la découverte de sa maladie, et avec son mari, qui va lui raconter la vie passée à ses côtés et sa vie sans elle, avec leurs filles.

Alors que dire de tout ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre, de phrases qui m'ont marquées, de moments bouleversants... Juste que j'en suis ressortie avec l'envie de vivre pleinement, et j'espère que je pourrais dire comme Juliette que moi aussi j'ai eu une bonne vie.

 

Je le conseille ? : Oui !!! 100 fois oui !!!

 

Merci à Livraddict et à Gallimard pour ce partenariat !

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Cacahuète 14/12/2010 16:20


J'écrirais ici la même conclusion que toi, et les mêmes mots qui clôturent également mon article.... A lire !!!!!


lasardine 25/11/2010 20:45


une lecture... inoubliable!!!!!